
« On voudrait organiser une soirée enquête » : murder party, box ou jeu d’enquête à la maison ?
« On voudrait organiser une soirée enquête » : murder party, box ou jeu d’enquête à la maison ?
C’est la phrase qu’on entend le plus au téléphone. Et la plupart du temps, il me faut deux questions pour comprendre ce que la personne veut vraiment.
Parce que derrière « soirée enquête », il y a au moins trois choses différentes. Une murder party avec des comédiens qui débarquent chez vous. Un kit d’énigmes à imprimer pour l’anniversaire d’un ado. Une boîte de documents que deux personnes ouvrent un dimanche de novembre, sans témoin. Même expression, trois soirées qui n’ont rien à voir.
On organise la première. Pas les deux autres. Autant l’écrire noir sur blanc : je préfère perdre un devis que vendre une murder à quelqu’un qui espérait un Cluedo tranquille à deux. Quand on se trompe de format, personne n’est content, et les comédiens sont déjà payés.
Dans cet article
Nous, c’est les rôles et le groupe
Une murder party, le moteur, c’est les autres. Tu reçois un personnage, des informations que les autres n’ont pas, des objectifs à toi. Quelqu’un dans la pièce est coupable. Tout le sel vient de là : les regards, les alliances qui tiennent dix minutes, le moment où quelqu’un se trahit en voulant trop bien mentir.
Ça veut dire qu’il faut du monde. Six, dix, quinze. À deux, il n’y a personne à soupçonner, et le comédien n’a plus personne à faire jouer l’un contre l’autre. Nos parties tournent autour d’une heure trente, et ce qui reste le lendemain, c’est un souvenir. Une histoire que vous vous raconterez de travers pendant des années, chacun avec sa version.
C’est pour ça qu’on se déplace avec des comédiens plutôt que de vendre des enveloppes. On nous a demandé plusieurs fois de sortir nos scénarios en kit. On a dit non, et pas par principe : la moitié de ce qui fait la soirée, c’est un acteur qui improvise quand un joueur prend des actions hors scénario. Un livret ne fait pas ça.
Donc si tu veux des costumes, du bluff et quinze personnes qui s’accusent avant le dessert, tu es au bon endroit. Anniversaire, EVJF, afterwork, mariage, séminaire : c’est notre métier.
Le kit à imprimer et la box de documents
Deuxième famille : les scénarios en PDF. Tu télécharges, tu imprimes, tu découpes, tu caches les indices dans le salon. Ça coûte vingt euros, ça dure une heure, et pour un dimanche pluvieux avec des ados, c’est très bien. La contrepartie, c’est que tu passes la soirée en régie au lieu de jouer, et qu’il ne reste rien après.
Troisième famille : les box d’enquête. Là, tu reçois un dossier. Rapports, photos, scellés, parfois une interface web pour interroger un témoin ou valider une piste. Certaines sont excellentes, avec de vrais beaux documents. Deux différences avec ce qu’on fait : personne n’incarne un personnage, et il y a souvent un écran au milieu de la table. Tu es enquêteur, pas suspect.
Beaucoup de gens croient qu’une box, c’est une murder party en version économique. Ça n’a rien à voir. Si tes invités arrivent déguisés en années 30 pour lire un rapport d’autopsie de trois pages, tu as raté ton carton d’invitation. Dis-le à l’avance : dossier ou rôles, il faut choisir.
On a déjà comparé la murder party et l’escape game dans cet article, si c’est plutôt cette hésitation que tu as.
Le coup de fil qui revient le plus
« On est deux, on aime les polars, on voulait faire une soirée enquête. »
Celui-là, je le prends une fois par semaine. Et je réponds toujours la même chose : ce que vous cherchez existe, mais ce n’est pas chez nous. Une murder party à deux, techniquement, ça ne fonctionne pas.
Ce que veulent ces gens, en général, c’est pouvoir s’arrêter au milieu. Reprendre le lendemain. Se tromper à voix haute sans que douze personnes attendent leur tour de parole. Étaler des papiers sur une table et se taire pendant dix minutes. Souvent, ils aimeraient aussi qu’il reste quelque chose après, autre chose qu’une photo floue.
Pendant longtemps, je les envoyais vers les box, faute de mieux.
Ce qu’on a fini par fabriquer à côté
Il y a deux ans, à Noël, la mère de Sasha nous a offert un book nook. Une petite maquette en bois à monter, le genre qui se glisse entre deux livres sur une étagère. On a commencé à l’assembler tous les deux dans le salon, et au bout d’un quart d’heure, la conversation avait déjà dérivé : et si, une fois le décor terminé, il y avait un crime à résoudre dedans ?
C’est devenu Build The Mystery, notre deuxième entreprise. Le principe : tu montes d’abord la scène en bois, ce qui prend une bonne dizaine d’heures étalées sur plusieurs soirs, puis tu ouvres le dossier d’enquête qui se joue dans ce décor que tu viens de construire. Plus de quarante-cinq documents, deux heures et des poussières d’investigation, de une à cinq personnes, sans maître du jeu et sans application. Une de nos bêta-testeuses a résumé ça mieux que notre site : « onze heures de montage, deux heures d’enquête, on a passé un super week-end. »
Ça a d’ailleurs changé notre façon d’écrire. Sur une murder, on peut faire porter une révélation par un comédien. Là, impossible de cacher un mécanisme dans un meuble que le joueur a collé lui-même l’avant-veille. Tout passe par l’observation de la maquette et par les papiers, et il a fallu réapprendre.
Si c'est ce qui t'intéresse, va plutôt voir le jeu d’enquête à la maison de ce côté-là. Les premières boîtes partent à partir du 15 octobre 2026. Je préviens quand même : ceux qui détestent bricoler s’ennuient ferme pendant le montage, et ça ne remplacera jamais une soirée à quinze.

Comment trancher en trente secondes
Compte les gens qui seront là. Au-delà de six, oublie le dossier : quelqu’un finira sur son téléphone pendant que les autres lisent. En dessous de quatre, oublie la murder.
Ensuite, demande-toi si tes invités ont envie de jouer la comédie. Pas d’être bons, juste d’essayer. Il y a des tables où deux personnes refusent d’ouvrir la bouche, et une murder party avec deux muets, c’est long. Dans ce cas, un dossier posé sur la table rend tout le monde plus tranquille.
Et regarde le temps que tu as. Une heure trente un samedi soir, ou trois soirées de bricolage en octobre. Ce sont deux envies différentes, et elles n’appellent pas la même dépense.
Si tu tombes sur « quinze personnes, elles adorent se déguiser, samedi prochain », écris-nous. On se déplace un peu partout en France, et c’est exactement le genre de soirée pour laquelle on a monté cette boîte.
Nous, c’est les rôles et le groupe
Une murder party, le moteur, c’est les autres. Tu reçois un personnage, des informations que les autres n’ont pas, des objectifs à toi. Quelqu’un dans la pièce est coupable. Tout le sel vient de là : les regards, les alliances qui tiennent dix minutes, le moment où quelqu’un se trahit en voulant trop bien mentir.
Ça veut dire qu’il faut du monde. Six, dix, quinze. À deux, il n’y a personne à soupçonner, et le comédien n’a plus personne à faire jouer l’un contre l’autre. Nos parties tournent autour d’une heure trente, et ce qui reste le lendemain, c’est un souvenir. Une histoire que vous vous raconterez de travers pendant des années, chacun avec sa version.
C’est pour ça qu’on se déplace avec des comédiens plutôt que de vendre des enveloppes. On nous a demandé plusieurs fois de sortir nos scénarios en kit. On a dit non, et pas par principe : la moitié de ce qui fait la soirée, c’est un acteur qui improvise quand un joueur prend des actions hors scénario. Un livret ne fait pas ça.
Donc si tu veux des costumes, du bluff et quinze personnes qui s’accusent avant le dessert, tu es au bon endroit. Anniversaire, EVJF, afterwork, mariage, séminaire : c’est notre métier.
Le kit à imprimer et la box de documents
Deuxième famille : les scénarios en PDF. Tu télécharges, tu imprimes, tu découpes, tu caches les indices dans le salon. Ça coûte vingt euros, ça dure une heure, et pour un dimanche pluvieux avec des ados, c’est très bien. La contrepartie, c’est que tu passes la soirée en régie au lieu de jouer, et qu’il ne reste rien après.
Troisième famille : les box d’enquête. Là, tu reçois un dossier. Rapports, photos, scellés, parfois une interface web pour interroger un témoin ou valider une piste. Certaines sont excellentes, avec de vrais beaux documents. Deux différences avec ce qu’on fait : personne n’incarne un personnage, et il y a souvent un écran au milieu de la table. Tu es enquêteur, pas suspect.
Beaucoup de gens croient qu’une box, c’est une murder party en version économique. Ça n’a rien à voir. Si tes invités arrivent déguisés en années 30 pour lire un rapport d’autopsie de trois pages, tu as raté ton carton d’invitation. Dis-le à l’avance : dossier ou rôles, il faut choisir.
On a déjà comparé la murder party et l’escape game dans cet article, si c’est plutôt cette hésitation que tu as.
Le coup de fil qui revient le plus
« On est deux, on aime les polars, on voulait faire une soirée enquête. »
Celui-là, je le prends une fois par semaine. Et je réponds toujours la même chose : ce que vous cherchez existe, mais ce n’est pas chez nous. Une murder party à deux, techniquement, ça ne fonctionne pas.
Ce que veulent ces gens, en général, c’est pouvoir s’arrêter au milieu. Reprendre le lendemain. Se tromper à voix haute sans que douze personnes attendent leur tour de parole. Étaler des papiers sur une table et se taire pendant dix minutes. Souvent, ils aimeraient aussi qu’il reste quelque chose après, autre chose qu’une photo floue.
Pendant longtemps, je les envoyais vers les box, faute de mieux.
Ce qu’on a fini par fabriquer à côté
Il y a deux ans, à Noël, la mère de Sasha nous a offert un book nook. Une petite maquette en bois à monter, le genre qui se glisse entre deux livres sur une étagère. On a commencé à l’assembler tous les deux dans le salon, et au bout d’un quart d’heure, la conversation avait déjà dérivé : et si, une fois le décor terminé, il y avait un crime à résoudre dedans ?
C’est devenu Build The Mystery, notre deuxième entreprise. Le principe : tu montes d’abord la scène en bois, ce qui prend une bonne dizaine d’heures étalées sur plusieurs soirs, puis tu ouvres le dossier d’enquête qui se joue dans ce décor que tu viens de construire. Plus de quarante-cinq documents, deux heures et des poussières d’investigation, de une à cinq personnes, sans maître du jeu et sans application. Une de nos bêta-testeuses a résumé ça mieux que notre site : « onze heures de montage, deux heures d’enquête, on a passé un super week-end. »
Ça a d’ailleurs changé notre façon d’écrire. Sur une murder, on peut faire porter une révélation par un comédien. Là, impossible de cacher un mécanisme dans un meuble que le joueur a collé lui-même l’avant-veille. Tout passe par l’observation de la maquette et par les papiers, et il a fallu réapprendre.
Si c'est ce qui t'intéresse, va plutôt voir le jeu d’enquête à la maison de ce côté-là. Les premières boîtes partent à partir du 15 octobre 2026. Je préviens quand même : ceux qui détestent bricoler s’ennuient ferme pendant le montage, et ça ne remplacera jamais une soirée à quinze.

Comment trancher en trente secondes
Compte les gens qui seront là. Au-delà de six, oublie le dossier : quelqu’un finira sur son téléphone pendant que les autres lisent. En dessous de quatre, oublie la murder.
Ensuite, demande-toi si tes invités ont envie de jouer la comédie. Pas d’être bons, juste d’essayer. Il y a des tables où deux personnes refusent d’ouvrir la bouche, et une murder party avec deux muets, c’est long. Dans ce cas, un dossier posé sur la table rend tout le monde plus tranquille.
Et regarde le temps que tu as. Une heure trente un samedi soir, ou trois soirées de bricolage en octobre. Ce sont deux envies différentes, et elles n’appellent pas la même dépense.
Si tu tombes sur « quinze personnes, elles adorent se déguiser, samedi prochain », écris-nous. On se déplace un peu partout en France, et c’est exactement le genre de soirée pour laquelle on a monté cette boîte.



